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AFRIQUE,
JE TE PLUMERAI…


Un film de Jean-Marie Téno
Documentaire - fiction 1992,
16 mm , 88 minutes

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Fiche technique :  
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Image : Robert Dianoux
Son : Francis Bonfanti
  Montage : Chantal Rogeon
Musique : Ray Lema
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du réalisateur
Jean Marie Téno

 


SYNOPSIS

1991, une trentaine d’années après les indépendances africaines, quelques mois après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du “Bloc Communiste”, de jeunes africains, au péril de leurs vies, descendent dans la rue pour réclamer la démocratie et de meilleures conditions de vie. Le choc entre ces jeunes et les forces de l’ordre est terrible. C’est dans ce contexte que la violence s’est imposée dans ce film qui s’était initialement fixé pour thème la transmission par l’écrit de l’histoire du Cameroun.

Par la juxtaposition d’images d’origines diverses (interviews de gens célèbres et d’anonymes, enquêtes, documents d’archives de l’époque coloniale), s’établit un va et vient entre le passé et le présent par lequel se tisse le sens du film: sans se départir de l’ironie, AFRIQUE, je te plumerai…, met en évidence les diverses relations de cause à effet entre la violence coloniale d’hier et les vicissitudes du présent.

AFRIQUE, je te plumerai…, est la contribution personnelle d’un Africain à la réflexion sur les moyens de sortir le continent africain du marasme actuel, à partir d’un état des lieux de l’écrit au Cameroun, instrument de domination tout autant qu’enjeu de liberté.

En effet, par le prisme de l’écrit (journalisme, création littéraire, édition) se révèlent les fondamentales contradictions sociales du présent. De surcroît, le choix de ce thème autorise une plongée dans l’histoire mouvementée du Cameroun, le seul pays africain qui ait connu trois colonisations européennes : allemande puis simultanément française et anglaise.

MES INTENTIONS :

“Je suis arrivé au cinéma avec la nécessité de pousser un grand cri de colère contre l'injustice au Cameroun et aussi de mettre en évidence les éléments permettant de comprendre et éventuellement de dénouer les fils complexes de l'oppression en Afrique“.
Jean-Marie Teno Septembre 1992

Entre août 2000 et février 2002, j’ai sillonné la France du nord au sud et d’est en ouest pour présenter mes films CHEF ! et VACANCES au PAYS, dans une soixantaine de salles de cinéma. Sur le plan humain, cette expérience restera l’une des plus fortes et des plus enrichissantes que j’ai vécues en France.

Lors des débats après les projections, j’ai été surpris par le degré d’ignorance du public français concernant tout un versant de son histoire et souvent choqué par ce qui restait de la période coloniale dans l’esprit d’un trop grand nombre de personnes : une œuvre missionnaire pour sauver de l’obscurantisme une partie de l’humanité. Ainsi, le discours officiel de l’époque coloniale avait traversé les années sans prendre de rides et surtout sans être mis à distance par un discours et une réflexion critiques. Des idées qui avaient cours aux XIXème et XXème siècles sur la hiérarchie des races et des cultures, celles-là mêmes qui justifiaient la domination coloniale par un devoir de “civiliser “ l’autre, n’avaient donc pas disparu des esprits malgré toutes les déclarations de bonnes intentions et les manifestations - parfois condescendantes - de solidarité, qui s’expriment par ailleurs.

Pour moi ces idées fondent le racisme d’aujourd’hui.

Les résultats électoraux du 21 avril 2002 en France et la montée en puissance de propositions politiques extrémistes me confortent dans cette réflexion : En n’assumant pas son passé colonial, la France peut-elle réellement lutter contre le racisme et l’exclusion dont souffrent les “minorités visibles” dans la communauté nationale?

Au cours des différents débats sur mes films, les discussions devenaient souvent passionnantes et passionnelles quand on en venait à parler de l’histoire coloniale, au point que certains spectateurs souhaitaient que je fasse un film sur l’histoire coloniale.

En ressortant AFRIQUE, je te plumerai…, je souhaite ouvrir cette page controversée de l’histoire de France et contribuer au débat sur l’enseignement de l’histoire et sur la diversité culturelle en France aujourd’hui.

Les Festivals :
Prix du documentaire au Festival de Troia : juin 1992
Prix du jury O.C.I.C et Prix pour la Solidarité dans le monde aux Journées Cinématographiques de Carthage en oct. 1992.
Diffusé sur ZDF le 7 avril 1992 et sur ARTE le 19 sept. 1992