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Montage :
Christiane Badgley
Musique : Brice Wassy
Production : Les Films du Raphia
Coproduit par Raphia films (Cameroun)
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avec la participation
de Beatice Sime, Suzanne Kala-Lobe, Henriète
Ekwé, , Djeukam Tchameni, Mongo Beti, Melvin Akam, Jeanne Njawé,
Pius Njawé, Sa majesté Ngnié Kamga, Daouda Aladji
Ousmanou, Mme Ekobouma. |
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Photos du film
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du réalisateur
Jean Marie Téno
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SYNOPSIS
Les chroniques dramatiques de la vie quotidienne en "démocrature
".
Démocrature : formé à partir des mots démocratie
et dictature, se dit dun régime qui sautoproclame démocratique,
qui se pare de nombreux oripeaux démocratiques mais fonctionne
en réalité comme une dictature.
Pendant le mois de décembre 1997, au Cameroun, son pays dorigine,
lauteur a été témoin dévénements
troublants qui constituent la matière de ce film : dans son village,
un adolescent risque de perdre la vie pour avoir volé une poule
et 4 poussins. Cest la " justice populaire ", comme le
désignent les camerounais eux-mêmes, expéditive et
cruelle que le silence de lAutorité judiciaire a laissé
se généraliser.
Quelques heures plus tard, il découvre au dos dun calendrier
un texte dune rare violence contre les femmes : le règlement
intérieur du mari au foyer.
A la mairie, pendant la célébration de plusieurs mariages
un maire et une maire commentent pour les futurs époux les articles
de lois sur le mariage. Issus du code civil français de 1804, ces
lois institutionnalisent la soumission de la femme à son mari.
En contrepoint, des femmes qui luttent au quotidien contre les violences
faites aux femmes répondent point par point aux discours des officiels
et démontent ainsi les clichés, les préjugés
et les fantasmes sur les femmes qui envahissent la société
camerounaise.
Enfin, pour avoir posé la question de létat de santé
du Chef de létat camerounais Paul Biya, Pius Njawé
un journaliste réputé est jeté en prison. Il en sort
10 mois plus tard avec un témoignage accablant sur les conditions
inhumaines de détention dans la prison de New-Bell à Douala.
Cest un texte, à la fois personnel et poétique, qui
relie ces événements. Comme dans tous ses films, la voix
du réalisateur nous accompagne au cur de la société
camerounaise. Une société hiérarchisée et
inégalitaire, dans laquelle le modèle du chef omnipotent
semble se dupliquer et se reproduire dans toutes les sphères de
la vie.
NOTE D'INTENTION
CHEF ! est un film né par hasard, au détour
dune rue quand, témoin dune scène de violence
aveugle, je pars caméra au poing pour essayer de comprendre les
raisons de tant de frustration. En me laissant porter par les événements
et en suivant les méandres de ma réflexion, CHEF ! est le
reflet cruel que me renvoie la société camerounaise aujourdhui.
CHEF ! est un film sur la frustration :
Frustration devant la misère qui saccroît dans un pays
riche en ressources naturelles, mais qui profitent exclusivement à
la minorité au pouvoir.
Frustration devant lindifférence et larrogance des
chefs face à la détresse du plus grand nombre. Frustration
devant la colère silencieuse de la foule qui malheureusement se
manifeste par une violence contre ses éléments les plus
faibles et les plus démunis de la société. Frustration
de vivre dans une prison sans barreaux, qui serait le pays tout entier,
livré au bon vouloir dun chef omnipotent.
En faisant ce film, je voulais mettre en avant la responsabilité
des chefs, petits et grands, qui, profitant de la tragédie coloniale,
se sont transformés en tyrans pour leurs peuples et contribuent
pour une part importante à lédification de cette société
gangrenée par la corruption, qui senfonce tous les jours
un peu plus profondément dans la misère. Je voulais aussi
attirer lattention sur cette fascination des camerounais, mes compatriotes,
pour lautorité, qui les pousse à reproduire dans toutes
les sphères de la vie, le modèle du chef omnipotent qui
naurait de compte à rendre quà dautres
chefs encore plus puissants que lui.
Chef ! Bonjour Chef ! Comment Chef ? Pardon Chef !
Dans les rues et dans les bureaux au Cameroun, CHEF ! est un des mots
les plus utilisés au quotidien. Est-ce un hasard ou simplement
la marque dune adhésion collective à ce système
?
Jean Marie Teno
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